Les gens qu'on croise

7janvier

Je pensais que la prochaine fois que je poserai mes mots par ici, ce serait pour parler de mon stage. De cette première semaine assez étrange dans la boite où on passe plus de temps à dire "Bonjour" qu'à écrire. J'ai pris l'habitude de les appeller la secte du bonjour d'ailleurs. Ca leur va bien.

Oui mais voilà, on ne choisit rien dans la vie. Pas même sur qui on tombe. Alors si hier j'ai mangé seule en tête à tête avec moi même - et neuf inconnus sortis d'un roman que j'aime déjà - ca n'a pas été vraiment le cas aujourd'hui. Non pas que j'ai mangé en bonne compagnie. Les autres rentrent à midi, et moi j'ai la flemme d'affronter la neige en voiture. J'assume et dépense à écumer les soldes et les restos. A force, j'arrive même à en prendre l'habitude et à manger normalement, en oubliant le monde autour. Bref, toujours est-il qu'aujourd'hui mon banal déjeuner solitaire a été boulversant et profondément humain - ce qu'on attend pas à priori de deux brocolis et d'un bout de saumon.

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La fille qui rêvait du J+1

30décembre

Quelque chose en ce bas monde fait que, quelques fois, on se retrouve immunisé sans trop savoir comment de certaines pratiques primaires ancestrales. Comme par exemple, se retrouver du jour au lendemain incapable de prendre une cuite sous prétexte qu’on n’en voit plus l’intérêt. Y en a-t-il eu un, un jour ? C’est une autre question. En tout cas il existait quelque chose d’assez distinct pour qu’on puisse croire que le mal de tête du lendemain valait la peine. Et encore, ce mal là était loin d’être le pire. Bref, cela justifiait de dépenser son temps et son argent. Et du jour au lendemain, plus rien. Comme si la raison avait frappé d’un coup.

Concernant le premier jour de l’année, la raison m’a frappée bien plus tôt que cela. Personne à blâmer, si ce n’est moi, lassée des trop longs dîners, de ne pas aimer danser et des habituels 5,4,3,2,1 qui ne tombent évidemment jamais à la seconde près. Pas que je m’en soucie. La relativité de notre calendrier fait qu’au fond, le premier jour de l’année n’est pour moi pas plus celui là qu’un autre. Les problèmes ne changent pas, les promesses non plus. Rien ne s’efface et un compte à rebours seul n’est pas capable de me balancer de la poudre aux yeux.

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Bien au chaud sur l'étagère

24décembre

Ne plus sortir. Surtout ne plus sortir. Dehors il fait trop froid et au fond on est si bien à la maison. Alors enchaîner. Dvds sur dvds. Quelques séries au passage. Un peu de littérature pour digérer le tout. Rattraper le retard. Résolution numéro 1 alors que l'année n'est même pas commencée. Mais vibrer, un peu, surtout.

Pour ce faire, un très bon film, efficace et séduisant. State of Play. Et un livre beaucoup plus décevant. Versus. Polar noir de chez noir.

etagere

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Ce que pensent les rêves

18décembre

Aujourd'hui j'ai passé plus de temps dans mon sommeil qu'ailleurs.

Levée à midi et demie, couchée probablement bien plus tôt que ce que j’aurais pu penser en posant ce matin le premier pied à terre. La faute au contre coup des partiels probablement. Et à l’excitation du «y a pas de raison qu’on n’y arrive pas » qui a été mon refrain toute la semaine. Le fait de sautiller positivement fatigue. Surtout quand on passe le reste du temps à réviser – devrait-je dire apprendre ? – tout ce qu’on a juste pris la peine d’écouter, et ce au dernier moment.

La neige qui a tout recouvert dans la nuit n’aidant pas, j’ai eu l’impression toute la journée de demeurer dans ce rêve étrange. Une journée à rien faire d’ailleurs. A petit déjeuner à treize heures. A passer toute une après midi dans le bureau de mon ex-stage à manger des chocolats et regarder mes anciens collègues travailler. Puis à rentrer extenuée. Conduire sur l’autoroute dans la nuit noire, à la seule lueur des phares. Tout en se demandant à chaque minute où l’on habite alors que le trajet jusqu’à chez soi se fait machinalement.

D’habitude je ne me rappelle pas mes rêves. Ou bien ils demeurent dans mon esprit quelques secondes avant de s’effacer irrémédiablement. Mais cette fois non. Il est resté. Et il semblait vouloir devenir réel.

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